• Une interview dans le tiroir

    https://www.facebook.com/magero01/posts/397636470663138

    Elisabeth Mercatoris, voilà encore une auteure aux activités fort diversifiées, jugez plutôt à travers cette interview...

     

    1) Construis-tu toujours des cabanes dans les arbres ?...


    - Je ne construis plus de cabanes mais je grimpe toujours dans les arbres, je les soulage de leurs branches mortes chaque année. Par contre, il m'est souvent arrivé de montrer à mes enfants comment escalader, s'asseoir et se laisser bercer par le vent. Se poser sur une branche, enlacer le tronc, c'est écouter respirer un géant et prendre de la hauteur, se détacher du terre à terre. J'aime bien cette sensation, c'est quelque chose qui me nourrit.


    2) Tu es auteure et illustratrice jeunesse, peux-tu nous en dire davantage ?...


    - A chaque fois que j'écris ou dessine pour les enfants, je m'enroule sur ce qu'il y a de bienveillant en moi. Pour cela, je me mets en condition. Pièce surchauffée, musique douce, beaucoup de lumière, je puise en moi et je souris, l'illustration devient une caresse visuelle. Mais je n'écris et ne peins pas que pour les enfants. Pour les adultes, je suis debout, mes toiles sont, soit en frontal sur un grand chevalet, soit couchées sur une table, mes oreilles baignent dans la musique : Louis Armstrong, Johnny Cash, par exemple. Je chante, mon geste au couteau est plus rapide, plus vif.


    3) Tu possèdes d'autres cordes à ton arc... tu es aussi créatrice d'objets, si je ne m'abuse...


    - Les objets sont dérivés de mes illustrations principalement, ça m'aide à considérer les illustrations différemment, à imaginer le dos, la grandeur, la masse d'un personnage, par exemple.


    4) Depuis ton roman, "Tout commence par il était une fois" (Editions Chloé des Lys), où en es-tu dans l'écriture, que prépares-tu en ce moment ?...

     

    - Je suis actuellement sur deux projets totalement différents. Le premier est un roman policier en cours d'écriture. Je le rumine et l'écris de manière très sereine, sans précipitation. Je n'en parle pas car le squelette commence à prendre chair.


    Le deuxième projet est un récit porté sur tableaux et illustrations qui est conté aux visiteurs. J'ai présenté le premier épisode lors d'"Artisanamur" en 2017 où près de 500 visiteurs ont pu le découvrir. Le deuxième épisode sera visible avec le premier lors du parcours d'artistes namurois "Chambres avec vues" qui se déroulera ces 17, 18, 24 et 25 mars, de 11H à 18H. Cela s'intitule "Le dédale de Wadlow". Pour ma part, je serai à Gelbressée, Rue Ernest Moens, 57. Vous êtes les bienvenu(e)s.

     

    5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que tu emporterais ?...


    - Aïe, 7 livres ! C'est difficile à choisir. Il y a ceux qui laissent une vibration, un plaisir durable, ceux que je voudrais relire ou qui m'attendent, parfois comme un reproche, sur ma table de nuit.


    "L'enchanteur" de Barjavel, "Colline" de Jean Giono, "La gloire de mon père" de Marcel Pagnol, "Le passeur de lumière" de Bernard Tirtiaux, "Black country white spirit" de Didier Ocula, "Les dissidents de l'amer" de Pierre Guyaut-Genon, "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery.

     

    interview menée par Alain Magerotte pour la page fb Secrets de Polichinelle le 2 mars 2018 dernier.

  • Plan de travail

    Plan de travail, Elisabeth Mercatoris

    A l’origine ce bureau a supporté des articles découpés, 

    des dictionnaires abimés, 

    des rouspetances et des mots ruminés, 

    des mots-croisés raturés, 

    des agendas nourris,

    des statistiques météorologiques, 

    des factures réglées et rangées, 

    des photos heureuses mais jaunies,

    des correspondances ouvertes ou fermées, 

    des stylos asséchés, 

    du camphre et

    des cartes à jouer,

     

    Avant d’être emprunté à la construction rieuse

    de cabanes improvisées. 

     

    Avant de devenir le terrain d'expédition et de recherches, 

    ses tiroirs ont gardé l’odeur des rognures de crayons,

    de l’eau bénite et

    des larmes versées à l’aube triste d’un matin cardiaque.

     

    Les mains usées,  qui possédaient ce bureau, me l’ont depuis des années cédées.

     

    Mon plan de travail est gondolé,

    mais mes mains, 

    mes mains l’ont rendu depuis plus coloré.

    L’encre et la peinture y ont fait des taches, 

    l’odeur des crayons y est fraîche, 

    les tiroirs s’ouvrent sans difficulté, 

    Et les blocs de papier sont neufs !

  • Souvenirs d’Auvelais se livre 2017

    Auvelais se livre, Elisabeth Mercatoris