Le questionnaire de M’sieur Proust dans le tiroir

Elisabeth Mercatoris, interview, artiste belge, artiste namuroise, écrivain

Ce ne sont pas quelques questions de l'ami Proust qui déstabiliseront une Elisabeth Mercatoris à la franchise aussi légendaire que le questionnaire du célèbre Marcel.


- Le principal trait de ton caractère ? : - La volonté.


- Ton principal défaut ? : - No comment ! Enfin, si ! Mais ne le dis à personne, mon principal défaut c'est l'obstination.


- Ce que tu apprécies le plus chez tes amis ? : - La liberté qu'on se laisse pour nous voir, cette séparation de lieu et/ou temporelle n'a aucune prise sur nos conversations et notre tendresse mutuelle lorsque l'on s'accorde un moment ensemble. Nous sommes capables de poursuivre une conversation entamée deux ans plus tôt, de ne pas la finir et de se dire qu'on la finira peut-être la fois prochaine.


- Ton rêve de bonheur ? : - En fait, je le serre dans mes bras un peu chaque jour et ce n'est pas un rêve. Le bonheur est une forme de boule chauffante, rassurante, aimante en fabrication continue. Mon bonheur quand il se tourne vers mes proches, c'est un sentiment de profonde satisfaction, d'empathie réelle, de bienveillance planante. Je crois que le bonheur, c'est étirer les moments heureux afin qu'on en dégage un fil de vie serein et durable.


- Le pays où tu désirerais vivre ? : - Je suis bien chez moi en "Belgium". Par contre, j'aimerais avoir le temps de fouler les sols du Japon, des Etats-Unis, de l'Islande, de Bora Bora.


- Le don de la nature que tu voudrais avoir ? : - Voler, je suppose. Voler de manière naturelle sans les odeurs de gasoil ou le bruit d'un moteur. Voler mais pas trop haut parce que j'ai un chouia le vertige quand même... quoique, à y penser, l'hibernation, ce ne doit pas être mal non plus mais tu rates les épisodes de ta série préférée ! Sinon, courir aussi vite qu'un guépard, courir mais pour aller où ? Allez, je crois que je n'ai pas besoin d'un don supplémentaire, je suis parfaite... et humble !


- Ce que tu détestes par-dessus tout ? : - Je ne sais plus où j'ai rangé ma tolérance quand circulent des images qui dévoilent les violences faites aux êtres vivants. C’est détestable et me met en colère !


- Ta couleur préférée ? : - Pour quelqu'un qui s'adonne à la peinture, il y a des couleurs qui ont une destination. Par exemple, j'aime m'habiller en noir mais je porte aussi avec plaisir du marron, du jaune, du bleu ou du fuchsia. Sur toile, j'aime la terre ou l'ombre brûlée, le vert parce qu'il se travaille difficilement, le noir de mars parce que la matière est onctueuse... au-delà de travailler une image, on insuffle la vie ou du moins on attire le regard, l'intérêt des autres. Enfin, il y a la couleur qui n'est pas objet, qu'on regarde sans la créer ou la posséder, j'aime donc le bleu d'un ciel sans nuage.


- Tes héroïnes dans l'histoire ? : - Une comédienne, Simone Signoret car c'était une femme instruite, intelligente, avec des convictions, des combats et une comédienne qui rendait l'usure du quotidien particulière, touchante. Une peintre, Frida Kahlo, pour sa palette, pour l'audace de ses sujets, son féminisme meurtri, sa franchise délicate, ses convictions et sa beauté. Dans les héroïnes de mon histoire, je désigne ma mère parce qu'elle est courageuse et positive et drôle et qu'elle fait très bien la cuisine et puis, parce que je l'aime.


- Etat d'esprit actuel ? : - Concentration et objectif ! Je traverse à pied des montagnes pour atteindre mes objectifs à un rythme humain dans un effort continu sans forcer, sans allonger le pas.


- Fautes qui t'inspirent le plus d'indulgence ? : - Mes fautes ou celles des autres ? Perso, je me pardonne de procrastiner de temps en temps. Je n'en abuse pas, je peux le jurer enfin pas tout de suite, je n'ai pas de bible sous la main. Est-ce qu'un dictionnaire peut faire l'affaire ?


- Ta devise ? : - Quand les sages singent, les cochons dinguent !

 

Questions posées par Alain Magerotte pour la page facebookienne secrets de Polichinelle, le 7 avril 2018.

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